LA FABRICATION ARTISANALE
DU PAPIER



Le papier est originaire de Chine ; il a été importé en France au seizième siècle. Le papier a commencé à être fabriqué à partir de l’invention de l’imprimerie. Aujourd’hui sa fabrication est en majorité industrielle. En fait la production d’un artisan qui travaille un an est équivalente à une production industrielle de deux heures. Autrefois, le rendement n’était pas très important car il n’y avait pas beaucoup de moyens de transport, pas d’électricité et pas d’eau courante. La ville d’Angoulême a été choisie pour y construire ce moulin grâce à ses ressources économiques, géographiques et commerciales.

A Angoulême, dans un vieux moulin à eau construit en 1535, un couple fabrique du papier à l’artisanale. Il existe encore en France deux autres lieux identiques.

Les artisans fabriquent le papier avec des matériaux d’origine et des techniques anciennes. Ils utilisent généralement des copeaux de bois (la matière) et de l’eau (la colle), le bois peut éventuellement être remplacé pas d’autres végétaux : lin, coton, herbe, ortie ...

Les copeaux de bois et l’eau sont mis dans une cuve et sont malaxés grâce à une roue actionnée autrefois par la force motrice du moulin (mais aujourd’hui par un moteur). Cette roue a deux positions : dans la première, la roue est baissée ; comme elle est munie de lames, elle permet de couper, de
broyer les végétaux en venant frotter les lames situées au fond de la cuve ; dans la deuxième position, elle est levée pour brasser le mélange.

Après un effet d’une demi heure à cinq heures, on
dilue la pâte obtenue dans une autre cuve remplie d’eau et dans laquelle on ajoute un produit chimique qui permettra d’imperméabiliser le papier (autrefois, on utilisait de la gélatine). On plonge alors un tamis muni d’un cadre. Le cadre sert à définir la dimension de la feuille, et le tamis a plusieurs fonctions : la première est de retenir la pâte et la deuxième d’inscrire en filigrane, c’est-à-dire au travers et par transparence, la marque de fabrication du moulin grâce à un dessin brodé sur le tamis ; cette marque se verra au séchage ; c’est ce qui permet de différencier ce papier fabriqué dans ce moulin avec d’autres.

L’artisan
démoule ensuite délicatement la feuille sur une planche de bois sur laquelle il a posé un feutre ; il recouvre la feuille d’un autre feutre puis il démoule une deuxième feuille et ainsi de suite. Il peut superposer ainsi de deux à trente feuilles selon le grammage. Puis le tout est passé sous presse, la durée étant variable selon la quantité de feuilles. Le feutre absorbe l’eau, pressée par cinquante tonnes, elle sera ensuite évacuée par les côtés. Les feuilles sont encore gorgées de 50 % d’eau. L’artisan les fait donc sécher dans le séchoir ; il suspend les plus grandes à l’aide d’épingles à linge et pose les plus petites sur une planche. Après une attente d’une nuit à une semaine, les feuilles bien séchées et bien aplaties sont expédiées vers le client.

A la différence donc du papier industriel, le filigrane est bien visible lorsque le papier est sec ainsi que les autres ingrédients qui ont été rajoutés par l’artisan comme des fleurs ou de la paille...

 

THIBAULT Nicolas 5ème Signoret