L'objet du mois d'août : la réponse

 

Bravo à Jean-Michel HOUMEAU qui nous a envoyé la bonne réponse !

Il s'agissait d'une boucle de raie bouclée !

La raie est un poisson de la famille des sélaciens, ordre qui comprend environs 300 espèces (dont certaines peuvent atteindre une envergure de plus de 5 mètres). Ses caractéristiques essentielles sont un corps large, aplati horizontalement et discoïdal, une bouche large avec de petites dent aplaties, des nageoires pectorales très larges, une queue longue et grêle et un squelette cartilagineux. Elle est couverte d'une peau, parfois lisse, parfois hérissée d'aspérités, et toujours enduite d'une abondante mucosité.

Elle vit dans toutes les mers tempérées et se cache dans la vase grâce à la couleur sombre de sa peau ; elle se nourrit de petits poissons et de crustacés (Dictionnaire Encyclopédique Quillet, Paris, 1977).

La raie bouclée est une espèce plus petite que la raie commune, sa peau est parsemée de taches blanches et brunes arrondies et elle possède une rangée médiane d'épines sur le dos et sur la queue. Ces épines, appelées boucles, sont des tubercules osseux, munis chacun d'un aiguillon recourbé. On la retrouve dans toutes les mers d'Europe.

 

Gros plan d'un des aiguillons qui courent le long
du dos de la raie bouclée.

 

Comment se fait-il que nous trouvions à Parthenay plusieurs des ces boucles dans des contextes archéologiques du XIV°, XV° et XVI° siècles ?

C'est vrai, depuis une dizaine d'années cet objet a été découvert sur plusieurs sites archéologiques. Pas en très grande abondance, certes, mais suffisamment pour être représentatif d'une habitude alimentaire.

En réalité, la chair de raie est très recherchée, son foie est un mets délicat. Il faut savoir que la raie transportée est meilleure que celle qu'on mange fraîche.

Comme explique M. Lémery, dans son "Treaty of All Sorts of Food" rédigé en 1745 : "la raie bouclée [...] ne doit pas être trop fraîche. On doit la garder quelque temps : il se produit une légère fermentation, et ainsi des substances molles ou visqueuses sont sensiblement atténuées et détruites. Par conséquent les Parisiens [...] mangent la raie dans de meilleures conditions que les habitants des bords de mer", (A. Davinson et Ch. Knox, Poissons et crustacés. La cuisine de la mer, 1991).

Et qui dit Paris, dit Parthenay... Tout ceci nous renseigne beaucoup sur les habitudes alimentaires anciennes, mais aussi sur le transport et les échanges commerciaux.

 

 

Comment   la mangeait-on ?

"On voit au mois de juin peu de poissons de mer. Cependant la raie, qui arrive à Paris tous les jours de l'année et dont on ne se lasse jamais, étant plus mortifiée en été est presque le seul poisson qui brave l'élévation du thermomètre, on se réserve dans cette saison le plaisir de la servir [...] il n'y a guère que deux manières fort usitées de la faire paraître sur nos tables : à la sauce blanche lorsque elle est fraîche, au beurre noir, entourée de persil, dans le cas contraire..." disait Grimod de La Reynière.

Si vous voulez connaître les recettes, elles sont consultables dans le Grand Dictionnaire Universel du XIX° siècle, par Pierre Larousse, Paris, 1875, dans le tome treizième.